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And a broken hand.

Photo de You-Shall-Never-Return

You-Shall-Never-Return

Description :

Remember a time
When all was not fine
And up from the digging sewers
Came four lousy thieves
Who flourished like trees
Behold The Raconteurs...



Tribute to Jack.

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The Raconteurs - The Switch And The Spur (Consolers Of The Lonely)

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“ Venez retrouver Martine à la mer et Martine est dans la merde ! - http://Tribute-to-Jack.skyrock.com ” - mardi 08 mai 2012 00:36

Any poor souls who trespass against us Whether it be beast or man Will suffer the bite or be stung dead on sight By those who inhabit this land For there's is the power and this is the kingdom As sure as the sun does burn So enter this path, but heed these four words, You Shall Never Return.

Any poor souls who trespass against us Whether it be beast or man Will suffer the bite or be stung dead on sight By those who inhabit this land For there's is the power and this is the kingdom As sure as the sun does burn So enter this path, but heed these four words, You Shall Never Return.
Cette histoire est terminée.

La Raconteuse
Je suis LorianO, ou, si vous êtes comme moi et que vous avez la flemme, Lo. Peut-être vous m'avez déjà croisée dans le coin, c'est possible, je suis un peu partout, notamment sur quatre blogs fiction : Anti Fiction, un truc chelou et fini ; Oh Goddammit, un truc blagueuh blague et terminé ; I Surrender to the Wind, un truc pas romantique et fini ; et Tribute to Jack, une fanfiction hommage en cours. J'ai aussi un annuaire concept, FCBF Concept, et, à mes heures perdue, je squatte comme critique sur Ficsionnaire et Papiers froissées, et rédactrice sur Génération Écriture. Ah oui, et j'ai aussi un blog-blague à surligner, Fakefic. Voilà voilà. Je suis comme Hachette, en fait, je suis partout. (Et là je viens de faire une blague que je suis la seule à comprendre, merci, j'aime bien.) À part ça, j'ai 21 ans, je considère que la seule chose pire en typographie que le Comic sans MS est le Comic sans MS gras italique souligné, j'ai chez moi six ou sept livres de recettes sur le chocolat, et je suis amoureuse de Jack White (entre autres). Pourquoi La Raconteuse ? Déjà pour une référence évidente qui vous apparaîtra par la suite, et puis aussi parce que c'est, je trouve, le terme qui me définit le mieux : je ne me considère pas comme auteur, écrivante, écrivaillonne ou quoi que ce soit d'autre. Moi ce que j'aime c'est raconter des histoires, et s'il y a des gens pour les lire... bah tant mieux. Ne voyez pas ici de l'auto-dépréciation ou de la fausse modestie, c'est simplement une question d'affinité avec le terme.
Any poor souls who trespass against us Whether it be beast or man Will suffer the bite or be stung dead on sight By those who inhabit this land For there's is the power and this is the kingdom As sure as the sun does burn So enter this path, but heed these four words, You Shall Never Return.




Et puis parce que je suis un peu hippie moi aussi, je partage ce message de Papiers Froissés qui est plein de paix et d'amour (et de paillettes !).




Any poor souls who trespass against us Whether it be beast or man Will suffer the bite or be stung dead on sight By those who inhabit this land For there's is the power and this is the kingdom As sure as the sun does burn So enter this path, but heed these four words, You Shall Never Return.

Et des fois aussi, je jette des gens dans
des escalators qui montent
(surtout s'ils s'appellent Karen Elson)
(les gens, pas les escalators)
en éclatant d'un rire sardonique
dans le sous-sol de ma grotte,
alors je suis un peu un Padawan du mal.
Guidée par mes deux grands maîtres, Tiphs et Mio.



L'Histoire
Peut-être que l'habillage, ou la photo, ou l'avatar vous aura aiguillé sur le thème de cette histoire, et je tiens à mettre les choses au clair tout de suite comme ça c'est fait et on en parle plus : vous trouverez ici un western yaoi. Enfin, plutôt romance entre messieurs (copyright Juju), pour être précis. J'entends déjà ceux qui vont dire que le western n'est qu'un prétexte pour écrire du yaoi. En fait, non, c'est l'inverse, c'est le yaoi qui est un prétexte pour écrire du western. Je m'explique. Je voulais écrire un western, parce que j'aime bien Clint Eastwood, parce que je faisais une surconsommation intensive de la musique des Raconteurs (tiens, des choses s'expliquent), parce que j'aime pas faire comme tout le monde, parce que le sujet du western est venu sur le tapis au boulot, parce que j'aime bien les cowboys, parce que j'ai passé une IRM, et parce que tout un tas de raison qui n'ont rien à voir entre elles. Et puis bon, j'ai commencé à réfléchir ce que je pourrais raconter, et j'ai pensé "une fille blablabla un mec blablabla ennemis blablabla ils s'aiment blablabla STOP c'est un peu bateau ça non ?" Donc j'ai remplacé "une fille" par "un type" et de suite c'était beaucoup mieux parce que bon, je sais pas si vous visualisez, cowboys, far west, dix-neuvième siècle, saloon, tout ça, c'était pas trop des tapettes dans ce coin-là, quoi. Donc je trouve ça cool de raconter l'histoire de gens qui pensent même pas à imaginer avoir un jour l'idée de songer à s'aimer. Bref, je vais m'arrêter avant de raconter toute l'histoire, mais vous avez compris le principe, et je vous le dis tout de suite, vous attendez pas à ce qu'ils fassent des choses sales, déjà va falloir qu'ils s'embrassent et ça c'est pas gagné. Et donc, oui, je voulais dire aussi, avant de faire trop long, cette histoire s'appelle Ain't riding to Sunset, soit ARTS pour les flemmards, comme moi.
Ah oui, et puis aussi, il y a quelque chose que je tiens à préciser, c'est que, un truc qui n'est absolument pas naturel chez moi, comme faire des gâteaux sans chocolat, me lever avant 8h, porter des chaussures de fille, aller faire les magasins ou sauter un repas, c'est les descriptions. J'essaye, hein, je fais ce que je peux, mais je sais pas, ça vient pas toujours très bien. Du coup, vous en verrez pas beaucoup. Mais promis, j'essayerai de faire un effort.

Le Décor
Oui, bon, c'est peut-être pas flagrant mais je voulais une ambiance qui fasse un peu "désert sous un ciel de plomb." Je fais ce que je peux, hein. L'avatar, c'est un dessin de moi, ça se voit, j'ai du talent, hmmm. La bannière pareil, mais là j'en suis plutôt fière, surtout avec mes maigres talents en montage, je trouve que c'est pas SI moche. Pour la photo de cet article, par contre, elle est pas de moi, et ce sera bien une des seules, d'ailleurs, parce que partout ailleurs j'ai tendance à mettre des photos de moi qui ont rien à voir avec le foie gras (oui, chez moi c'est la spécialité, alors je me m'adapte). Et donc ici, je suis tombée sur cette photo en ouvrant le livret du premier album des Raconteurs (tiens, encore eux), Broken Boy Soldier, que je conseille par ailleurs (l'album, pas le le livret. Enfin, le livret aussi, mais moins.), et je suis tombée dessus et j'ai fait C'EST TROP BEAU C'EST ÇA QU'IL ME FAUT, et voilà. Donc bon, je vous présente The Raconteurs, de gauche à droite, Jack White, Patrick Keller, Jack Lawrence et Brendan Benson (oui, il y en a qui ont pas de chance), enchanté, bonjour. La musique du blog, fournie par Juju dont on reparlera plus tard, c'est un peu la chanson qui m'a donné le début de cette histoire, en fait, et puis un peu ma chanson préférée des Raconteurs, aussi. C'est d'elle que vient le titre du blog, un peu apocalyptique mais c'est drôle, et puis le titre de cet article. Ah oui d'ailleurs, tant qu'on y est, parlons-en des titres des articles : ils seront totalement hors-sujet. Ce sont des bouts de phrase que j'aime et que je veux faire partager, et puis c'est tout, cherchez pas le rapport. Et puis, en parlant de partager, j'ai pris l'habitude, dans l'ancien temps quand j'étais jeune sur mes précédents blogs, de faire avant chaque article un CCS, Conseil Culturel de la Semaine, pour faire partager un truc culturel que j'ai aimé. Donc je vais continuer à faire ma propagande. J'aime bien.

Détails Techniques
Je tiens quand même à remercier Juju, ma b3$t@h PQTPLVTMTC, qui m'écoute déblatérer sur mes idées géniales (et pas si géniales) et tout le reste depuis plus de deux ans, qui est la première à avoir entendu parler de cette histoire alors qu'elle n'était qu'un embryon dans mon esprit, qui a testé ce blog et l'a certifié conforme, et qui est aussi ma bêta-lectrice. Vous pouvez aller la voir, c'est quelqu'un de merveilleux et puis en plus, c'est beau ce qu'elle fait. Puisqu'on en est dans les remerciements, un petit mot au passage pour Gambit, qui a bien voulu donner son avis sur le premier chapitre alors que je lui ai balancé ça sans-plus-de-détails-démerde-toi-avec. Et puis aussi à tous les autres, vous êtes un peu trop nombreux (j'aime bien aussi faire des références que je suis la seule à voir), mes amis depuis plus ou moins longtemps, dans mes favoris, je vous aime (bonjour, je suis une phrase qui ne veut rien dire.). En parlant d'amis, j'aime bien savoir à qui j'ai affaire, donc vous seriez sympas de justifier vos demandes. Les pubs, je m'en fous et je les jette, mais laissez-la si ça peut vous faire plaisir. Ah oui, et puis évitez de morceler vos commentaires, ça m'arrange, je me sens moins harcelée. Et pour être prévenu, c'est simple, il suffit de laisser un commentaire sur le dernier chapitre posté. Et je préviens par messagerie, en fait, c'est plus rapide pour moi (oui, je suis une feignasse, vous l'aurez compris). Ou sinon, je peux faire ça par commentaire, si votre messagerie n'est pas activée.
Et sinon, je suis quelqu'un de sympa et j'aime bien raconter ma vie (je précise pour ceux qui auraient pas compris).

LorianO
qui vous souhaite la bienvenue chez elle.

Any poor souls who trespass against us Whether it be beast or man Will suffer the bite or be stung dead on sight By those who inhabit this land For there's is the power and this is the kingdom As sure as the sun does burn So enter this path, but heed these four words, You Shall Never Return.

Any poor souls who trespass against us Whether it be beast or man Will suffer the bite or be stung dead on sight By those who inhabit this land For there's is the power and this is the kingdom As sure as the sun does burn So enter this path, but heed these four words, You Shall Never Return.
Parce que un jour, j'ai déposé mes valises sur Papiers Froissés, et que j'y suis restée.


Et on peut faire un gros poutou à Loudinette de Schonheit, à Buulle et Plop et Clem's et Mimi et Manou de Papiers Froissés ♥, à Karine de Herzchlag, à Grazie de We are repertoire ♥, à The Best Stories, à Répertoire Critique, à Tiphs et Laure de Bilbio Polis ♥, à Neddy sur Freddy Book, à Kamo sur Répertoire d'un Canard, à Matt et D. Cybèle sur Instant Annuaire, et à Mio, Livi et Morphine sur Mirabilia Caverna pour m'avoir consacré un article !



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Any poor souls who trespass against us Whether it be beast or man Will suffer the bite or be stung dead on sight By those who inhabit this land For there's is the power and this is the kingdom As sure as the sun does burn So enter this path, but heed these four words, You Shall Never Return.
Et même que regardez ! c'est un cadeau de Tiphs pour noël et c'est trop joli !
Tags : the raconteurs
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#Posté le lundi 01 août 2011 08:29

Modifié le samedi 28 avril 2012 10:20

Quand la musique est bonne.

Quand la musique est bonne.
J'ai décidé, comme ça, spontanément, de vous faire partager les musiques qui, pour moi, vont avec cette histoire. Ce ne sont pas forcément celles sur lesquelles j'écris, ni forcément mes chansons préférées (quoi que, si elles sont là c'est qu'elles me parlent et que, subséquemment, je les aime), mais ce sont celles qui, par rapport à cette histoire, m'évoques quelque chose. Attention, cette liste est mouvante.
(Et puis comme ça je peux caser cette photo de Jack White que je trouve magnifique *_*)

The Raconteurs – Broken Boy Soldier
The Raconteurs – Consolers of the lonely
(bah oui, je mets l'ensemble des disques, c'est un peu grâce à eux que cette histoire existe)

The Kills – The Last Goodbye
The Kills – Goodnight bad morning
The Kills – Rodeo Town

-M- – Tout sauf toi

The White Stripes – St James Infirmary
The White Stripes – Black Jack Davey

The Dead Weather – Rocking horse

Poney Express – Daisy Street



Quand la musique est bonne.
Parce que Bulle n'est pas seulement une auteur formidable et une amie merveilleuse, elle est en plus pleine de generosite et de talent et REGARDEZ CE QU'ELLE A FAIT POUR MOI ♥♥♥

Vidéo

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ET EN PLUS y a un trailer. alors on dit un grand merci a Buulle once again parce que voila, et on ouvre grand ses yeux et ses oreilles PArce que uuhuhuhuhuh, voila, la video explique mieux que moi.
BUULLE JE T'AIME.
Tags : Playlist, musique, trailer
​ 12 | 169
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#Posté le jeudi 11 août 2011 14:31

Modifié le vendredi 27 janvier 2012 09:37

Abécédaire de génération Écriture

Abécédaire de génération Écriture

Voilà, moi aussi je participe à l'abécédaire de Génération Écriture. Ce sont donc mes lectures pour l'année 2012. J'ai un peu triché, j'ai pioché dans celles pour FCBF et Papiers Froissés, vous m'en voudrez pas ?
Dedans il y a un peu de tout, des trucs que je dois lire, des trucs que je veux lire, et des trucs que j'ai trouvé au hasard parce qu'il me manquait des lettres. Mais dans l'ensemble, de bonnes lectures en perspective, je pense !
And now, go reading !

Angela darkins Critique en ligne sur Papiers Froissés
Bad-good-bad-dream
Cadence-Kaplang
De fil en aiguille Critique en ligne sur Papiers Froissés
L'Enfer, le silence
Freakslegend
Grand Maxime En attente de la suite. Critique sur FCBF
Hell Whisper
Imprévisible proie En attente de la suite. Critique sur FCBF
J'ai vu Critique en ligne sur Papiers Froissés
Konokai Lue via FCBF
Lou spes
M-u-r En attente de la suite.
Néant
Ombre parmi eux (mon)
Psychedelicstupidity Critique en ligne sur Papiers Froissés
Quelques lettres Critique en ligne sur Papiers Froissés
Rouge à rêves
Silentdeath En attente de la suite. Critique sur FCBF
Two scars
Urban fantasy fiction Lue via FCBF
Vents du crépuscule En attente de la suite. Critique en ligne sur Papiers Froissés.
Walking on fire
Xwhaat-if Critique en ligne sur Ficsionnaire
Yeux de neige Critique en ligne sur Papiers Froissés
Zath301

Et au passage, je remercie ceux qui ont mis un de mes blogs dans leur abécédaire. =)

Abécédaire de génération Écriture
Parce que cette affiche, elle est trop glamour. *_* Merci Tiphs !
Tags : génération écriture, Abécédaire GE
​ 11 | 131
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#Posté le jeudi 24 novembre 2011 10:58

Modifié le samedi 24 mars 2012 10:48

I cannot rely on my heart if I break it with my own two hands. [ The last goodbye, The Kills ] I

I cannot rely on my heart if I break it with my own two hands. [ The last goodbye, The Kills ] I
Bon, ça fait approximativement un mois que j'ai pas raconté ma vie dans un article. En un mois, j'ai bossé, je suis partie, je suis revenue, j'ai passé plus de 24h dans le train, j'ai dormi chez pleins de gens, j'ai mangé des crêpes et j'ai fait tout un tas de trucs plus ou moins palpitants. Même que là, le retour au boulot, c'est pas cool. enfin, si, mais bon, les vacances c'était bien quand même. Et j'ai même pas acheté trop de CDs. En fait, j'en ai acheté UN. Et même qu'il est trop bien et que c'est mon CCS. Il s'agit du nouvel album de The Blood Arm, Turn and Face Me. The Blood Arm, en fait, c'est un peu ma découverte musicale coup de coeur de 2011. Leur premier album, Lie lover lie, date de quelques années, et peut-être avez-vous déjà entendu Suspicious Character ou Do I have your attention ? (en duo avec Anaïs) à la radio à l'époque. Moi, j'aimais bien la dernière, et elle était dans ma playlist Deezer. Et puis, à un moment, je me suis dit "tiens, si j'écoutais l'album en entier ?" Et je l'ai fait. Et j'ai grave kiffé. Du coup, j'ai acheté l'album, et j'ai attendu avec impatience le second. Et alors, me direz-vous ? Et alors, il répond à mes attentes ! c'est pop, rock, vivant, joyeux, sautillant, ironique (il n'y a qu'à voir leur auto-parodie, en quelque sorte, dans The Creditors), à la fois 60's, 70's et 80's, dansant, bref, de la bonne humeur et de l'énergie positive en dose non diluée. L'album de l'été, à n'en pas douter.




Autour de lui, du jaune le plus clair à l'orangé presque rouge, tout n'est qu'ocre et poussière. Le sol. Le sable. Les rochers. Les montagnes, un peu plus loin, à l'ouest. Tout n'est qu'ocre, écrasé par un ciel bleu, pur et étouffant, qui vient peser sur le décor, rendant oppressant le vide qui s'étend à perte de vue.
Ce n'est que le début de la matinée, et le soleil dans son dos est déjà trop chaud. En partant, il a noué devant sa bouche un foulard humide pour mieux respirer, mais il commence déjà à sécher. Il sent sa monture transpirer, déjà. Bientôt, il lui faudra trouver un coin d'ombre où s'arrêter et laisser passer les heures les plus chaudes de la journée. Mais pour l'instant, il ne voit rien qui puisse convenir. Et puis il doit encore avancer. S'éloigner. Plus loin encore.
Il pousse son cheval au galop.



Installé sous la véranda de la cour arrière pour se protéger du soleil en ce début d'après-midi, James Paquin repeint en vert les volets de la pension de Miss Granion. Comme il a du temps libre, il lui a proposé de s'en occuper en échange de quelques jours de loyer. La chemise remontée jusqu'aux coudes, il chantonne un air sans début ni fin, et porte régulièrement son avant-bras à son front pour en essuyer la sueur. Normalement, il devrait avoir fini demain. Ceux-là sont presque terminés, et il ne reste que ceux de devant, mais il attendra qu'il fasse plus frais pour s'y mettre.
À côté de lui, la porte s'ouvre. Miss Granion, vieille dame un peu ronde et pas très grande, sort son chignon blanc et dit :

« Y a Mr. le maire qui veut vous voir, James.
— Moi ? Mais pourquoi ?
— Il attend dans le salon. »

Elle rentre. James reste un instant bouche ouverte, le pinceau suspendu, puis s'essuie le front et repose son ustensile dans le pot. Frottant ses mains sur son pantalon pour en enlever la sueur et la peinture, il passe la porte que sa logeuse a laissée entrouverte. À l'intérieur, il fait plus frais, mais à peine. Il traverse le couloir. Qu'est-ce que le maire peut bien lui vouloir ?
Dans le salon qui donne sur la rue, tous les rideaux sont tirés pour empêcher le soleil d'entrer, et pourtant la chaleur y est étouffante. Dans un des fauteuils – le plus confortable – est installé un homme d'une cinquantaine d'années, plutôt maigre, aux favoris tout juste grisonnants.

« Bonjour, Mr. Marroyer.
— Vous êtes James Paquin ?
— Oui, monsieur le maire.
— Ça fait pas très longtemps que vous êtes ici, non ?
— Depuis l'automne dernier, monsieur.
— J'ai entendu dire que vous faisiez partie du comité de sécurité.
— Oui, c'est vrai.
— Hmm. »

Toujours assis, les mains jointes, le maire le dévisage. James, ne sachant pas trop quoi en faire, croise les bras dans son dos, puis sur sa poitrine, avant de les laisser retomber. C'est la première fois que le maire lui parle. Il ne sait pas à quoi s'attendre ni comment il est censé se comporter. Surtout quand l'autre garde le silence.

« Vous connaissez Luke Wanderer, James ?
— Euh... oui. Enfin, pas personnellement, mais... il a été envoyé en prison après avoir mis le feu à votre grange, c'est ça ?
— C'est ça. Sauf qu'il n'y est plus. »

De l'intérieur de son veston, il sort une feuille de papier pliée en huit.

« J'ai reçu un télégramme m'indiquant qu'il s'était évadé du pénitencier de Ste Marie ce matin.
— Oh. »

C'est tout ce qu'il trouve à répondre, mais Walter Marroyer ne semble pas lui en tenir rigueur.

« J'ai cru comprendre que vous étiez prêt à aider la communauté, James.
— Oui, monsieur.
— Bien. Vous savez ce qu'il vous reste à faire, alors. »

Il lui tend la feuille.

« Que... Qu'est-ce que...
— Retrouvez-le. Mort ou vif.
— Oui, monsieur. »

Il attrape le papier. Le maire se lève et commence à partir. Le jeune homme tord le télégramme entre ses doigts, puis, alors que l'autre va franchir la porte, lance :

« Monsieur ?
— Quoi ? Vous ne savez pas lire ?
— Si, mais... pourquoi moi ?
— Le shérif a d'autres chats à fouetter, et le marshall est déjà sur une affaire. Et puis, vous n'en êtes pas à votre premier périple dans le désert, non ?
— Non, monsieur.
— Bon. Je crois savoir que vous avez déjà un bon cheval.
— Oui, monsieur.
— Vous passerez à l'armurerie pour leur demander de vous équiper – de ma part. »

La porte se referme derrière lui.
James déplie la feuille.
Tags : musique, The Blood Arm, Turn and Face me, pop, rock
​ 13 | 50
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#Posté le mardi 02 août 2011 10:13

Modifié le mardi 02 août 2011 13:39

You will throw me at the window, leave me by the door. [ Friends for now, The Blood Arm ] II

You will throw me at the window, leave me by the door. [ Friends for now, The Blood Arm ] II
Putain, ce deuxième chapitre, j'en ai bavé. Si si, il voulait pas venir, et quand il est venu il était tout moche, et d'ailleurs il l'est encore un peu, là, mais moins. Mais j'ai fini par me rendre compte que, pour que ça aille mieux, il fallait que j'assume la part de sale hippie écolo qui vit en moi, donc voilà, je vous le dis comme ça vous serez pas surpris : je suis une sale hippie écolo. À tendances asociales. Rien que ça.
Sinon, moi j'écoute toujours The Blood Arm en boucle, en alternance avec The Kills, et d'ailleurs je vous conseille cette version de Pots and Pans qui est juste magnifique. Mais euh, comme je peux quand même décemment pas vous faire le même CCS deux fois de suite, je vais me contenter de vous parler de de la série Orgueil & Préjugés, que j'ai découvert cette semaine sur les conseils insistants d'une amie ("comment ! mais tu l'as jamais vue ! on va remédier à ça tout de suite !"). Alors, si vous êtes comme moi et que vous aimez parler à votre télé, vous allez pouvoir vous en donner à coeur joie ! Les personnages, pas toujours très adroits dans leurs actes et leurs paroles, sont parfaits pour ça. Et puis bon, c'est romantique, c'est drôle, et il paraît que c'est très fidèle au livre (je vous dirai quand je l'aurai lu^^), et puis bon, Colin Firth, on crache pas dessus, hein.





Sur le quai, tenant sa jument par la bride, James regarde le train avec circonspection. Il ne l'a jamais pris et, à vrai dire, avec tout ce qu'on raconte sur la vitesse de ces machines, il n'est pas tellement rassuré. S'il avait eu le choix, il aurait préféré faire le trajet jusqu'à Ste Marie à cheval, mais là, le train sera plus rapide. Et il ne doit pas perdre de temps. Il sera au pénitencier demain matin, à peine plus de 24h après l'évasion de Luke Wanderer. Après... après, il espère que ce ne sera pas trop long. Qu'il arrivera à le trouver. Qu'il se montrera coopératif.
Il n'ose pas vraiment monter dans un wagon, ni se séparer de son cheval. Et pourtant il le faut, le train va bientôt repartir. Il se dirige vers le wagon à bestiaux, où quelques hommes sont en train d'aider les bêtes à monter sans trop de panique. Issippi semble un peu perturbée, mais elle reste une jument assez calme. Et puis, elle a déjà pris le bateau avec lui, alors les machines, elle connaît. En fait, il est le plus inquiet des deux. Mais il tente de ne pas le montrer. Pas besoin de reporter son anxiété sur elle. Et puis, il est un homme, il n'a pas à avoir peur d'une chose... inventée par l'homme. Après une dernière tape affectueuse à sa jument, autant pour la rassurer elle que pour l'encourager lui, et un remerciement à celui qui l'a aidé à la faire monter, il descend du wagon et se dirige vers une voiture pour les passagers. Il avise le chef de train, sur le quai, qui vend des billets à un couple et une fillette. Il s'approche de lui.

« Qu'est-ce que je peux faire pour vous ?
—   Euh... je vais à Cinceo, et...
—   Première, deuxième ou troisième classe ?
—   ... deuxième.
—   Ça vous fait sept dollars. »

De son carnet jauni, il arrache un ticket et inscrit la destination dessus. En échange, James lui tend sept billets à l'effigie de George Washington.

« Merci.
—   Vous pouvez monter dans ce wagon, derrière moi. On arrivera à Cinceo demain à l'aube. Bon voyage. »

Le contrôleur s'éloigne, ayant repéré un autre voyageur. James prend une grande inspiration et monte dans la voiture, son paquetage sur le dos. Il passe entre les banquettes et en remarque une un peu plus loin, vide. Il se laisse tomber sur le bois du siège. Pas très confortable. Et pourtant, il va devoir passer la nuit dessus. Heureusement qu'il n'a pas pris un billet de troisième. Il tente, cherchant la position la plus agréable, d'étendre ses pieds sur la banquette d'en face, inoccupée également ; de se tenir bien droit contre le dossier ; de s'avachir. Finalement, il appuie son épaule contre la vitre, juste au moment où le train s'ébranle. De sa main gauche, il s'agrippe au banc. Il serre un peu les dents, avant de se laisser aller. Tout compte fait, ce n'est pas si terrible. Pour l'instant.
Il laisse, quelques instants, son regard errer sur le paysage désertique. Ici, ça va encore. L'herbe, bien qu'éparse et desséchée, pousse toujours. Les arbres, bien que clairsemés et rachitiques, sont encore debout. Et l'eau, bien que rare, surgit parfois au détour d'un rocher. Mais plus loin, à Cinceo, il n'y a plus rien. Seulement le sable, la poussière, et quelques cactus. Il soupire, et sort de sa poche le télégramme et l'avis de recherche.
Luke Wanderer. Il ne peut pas prétendre vraiment le connaître, mais il l'a croisé quelques fois. Par contre, des rumeurs sur lui, ça oui, il en a entendues. Un sauvage, élevé par sa mère, Margaret Wanderer, dans une maison à l'écart de la ville, près de la mine abandonnée. Un fou, disent les uns. Un homme à abattre, murmurent les autres. Lui, les rares fois où il l'a aperçu, il n'a eu l'impression ni de l'un ni de l'autre. Juste d'un type normal. Solitaire, mais normal. Enfin, les faits lui ont donné tort. Il a quand même mis le feu à une grange qui contenait une réserve de poudre. Et encore, heureusement qu'il n'y a pas eu de mort.
Il était là le jour de son arrestation. Il l'a vu. Et, même s'il n'a jamais été très fort pour percevoir les émotions des gens, il a su que cet homme ne regrettait rien. Alors oui, peut-être que c'est un fou dangereux. Il regarde, sur l'avis de recherche, le dessin qui le représente. Brun, une courte barbe, un chapeau. Rien d'exceptionnel. Il ne faut pas se fier aux apparences. Il replie le papier et jette un ½il, presque par réflexe, au télégramme qu'il connaît par c½ur.

Luke Wanderer évadé ce matin stop prière envoyer quelqu'un rapidement stop

Il soupire, et range les deux feuilles. Demain matin, il sera à Cinceo City. De là, il lui faudra une heure pour rallier le pénitencier de Ste Marie.Et après... après, ce sera lui, Luke, et le désert.
Par la fenêtre, il aperçoit Goldest City, vers laquelle le train amorce une courbe. Finalement, le voyage n'est pas si désagréable que ça. Ni tellement différent d'un bateau. Juste un peu plus rapide.
 


Dans l'amas de rochers, comme émergés de nulle part, Luke ouvre les yeux qu'il n'a pas vraiment fermés. La nuit commence à tomber. Sa gorge est sèche, ses lèvres gercées, son visage encrassé par le sable. D'une tape affectueuse, il réveille Swhirl, son cheval, puis il fouille dans son maigre paquetage, d'où il arrache une gourde et une assiette en fer-blanc. Soupesant la première, il fait la grimace en constatant qu'elle est à moitié vide. Il s'accorde deux gorgées, qu'il savoure, avant de remplir l'écuelle pour son appaloosa. Il le regarde boire, puis remplit de nouveau la gamelle, tout en regrettant de ne pouvoir lui en donner plus. S'il s'en sort vivant, ce sera grâce à lui. Il aimerait au moins pouvoir le nourrir correctement. Normalement, ils devraient tomber sur une rivière d'ici au matin. Et sinon... il préfère ne pas y penser.
Le cheval, qui a fini de boire, le fixe, comme pour en réclamer plus. Luke soupire et le caresse entre les deux yeux.

« Désolé mon beau, je peux pas faire mieux. »

Sa voix est rauque, sèche, comme si elle s'accordait au désert qui l'entoure. C'est un peu vrai, d'ailleurs. Contre son gré. Ceci n'est qu'une étape. Une épreuve.
Il referme son sac et tire Swhirl hors des rochers qui les abritaient. Sorti de leur protection, l'air est plus froid, plus vif. C'est toujours un ennemi, dans le désert. Là où le jour il englue tout de sa pesanteur, la nuit, il vient réveiller l'importun de son mordant. Le désert n'aime pas l'intrusion. Il ne supporte pas qu'on le piétine, qu'on l'investisse, qu'on le traverse. Le fouler, c'est souiller sa pureté. Et alors il réclame son dû. La mort, souvent, pour les ignorants. Les autres, ceux qui font l'effort d'essayer de le respecter, il les laisse repartir vivants. Vivants, mais pas indemnes. Il lui abandonnent ce qui fait d'eux des êtres humains à part entière ; cette capacité à vivre en société ; cette soif de toujours plus ; cet insatiable besoin de contrôle sur ce qui les entoure. Tout ça, ils le déposent dans le sable sous leurs pas et le laissent s'envoler dans les tourbillons de poussière qui les suivent à leur insu.
Mais le désert ne fait pas que prendre. Le désert donne, aussi. Il n'offre certes que ce qui l'arrange, mais ce qu'il donne, il ne le reprend jamais. Celui qui y survit gagne en acuité, en sensibilité, en intuition, ce qu'il perd en sens social. Il y acquiert cette habileté à comprendre les forces qui l'entourent, à percevoir les défaillances du système humain, qui voudrait que le reste s'adapte à lui sans jamais chercher à s'adapter au reste. C'est pour ça que celui qui a survécu au désert ne peut retourner vivre en compagnie des hommes. C'est pour ça que celui qui, de toutes ses forces, s'est battu contre le désert pour en sortir, lui revient. Invariablement.
Luke a toujours aimé le désert. Beau, immuable. Autant qu'il l'a haï. Omniprésent, étouffant. Sans jamais réussir à départager ses sentiments. Puissant, écrasant. Et là, en remontant sur son cheval, il espère que, une fois de plus, il acceptera d'être son allié. Que ce ne sera pas la fois de trop. Il lève le regard vers les étoiles et sourit. Seule l'expérience le lui dira.


 
Quand James ouvre les yeux, incapable de dormir une seconde de plus sur cet insupportable banc, le ciel commence tout juste à s'éclaircir à l'est. Ils ne sont plus très loin de Cinceo. Il se redresse et s'assoit. Ses membres sont fourbus, ses muscles endoloris. Il a même des courbatures dans le dos, des fourmis dans les jambes, et peut-être – non, c'est certain, pense-t-il dans une grimace – une crampe au poignet droit. Il s'étire et fait craquer ses articulations, tentant de ne pas réveiller ses voisins encore assoupis. Il aimerait marcher, courir un peu pour se dégourdir les jambes, mais ça attendra son arrivée. Pour patienter, il regarde l'horizon virer au bleu clair, le ciel joindre son orangé à celui de la plaine aride. Au loin, au bout de la courbe noire des rails, une bourgade se détache, ombre chinoise sur le contre-jour du soleil levant. Cinceo. Enfin. Bientôt.
 


Le jour commence à arriver, et peu à peu, avec lui, la chaleur. Il va falloir songer à s'arrêter. Trouver, comme la veille, un endroit où s'abriter.

« Allez, Swhirl, encore un peu... » coasse Luke avec ce qui lui reste de voix.

Pendant toute la nuit, il a ménagé sa monture, lui faisant alterner trot et pas, mais ne s'arrêtant qu'une seule fois pour lui faire boire l'équivalent d'une écuelle. Bientôt, la gourde sera vide. Et, en avançant à cette vitesse, ils n'ont toujours pas trouvé de point d'eau.
Soudain, l'appaloosa s'arrête et relève naseaux et oreilles. Luke se redresse sur sa selle, poussant ses sens à l'affût. Oui, lui aussi il l'entend, il le sent. Ce n'est pas encore très proche, mais... Il se penche sur l'encolure de son cheval.

« C'est bien, Swhirl, c'est bien... allez, un dernier effort, et on sera récompensés. »

Sans même qu'il ait besoin d'éperonner, l'étalon part au petit galop. Il a eu raison de faire confiance au désert.
 


Dans un soupir chuintant, le train s'arrête. James ouvre la portière et descend. Sous le soleil tout juste naissant dont quelques rais filtrent entre les bâtiments pour arriver jusqu'au quai, il s'étire. De l'air et de l'espace, enfin. Son regard se porte sur le fond du train. La porte du wagon à chevaux est déjà ouverte, et deux hommes sont en train de s'y activer. Il monte, s'approche d'Issippi et sourit en lui flattant l'encolure.

« Allez, ma belle, tu vas pouvoir te dégourdir les pattes. »

En réponse, la jument secoue la tête. Il la détache et la guide hors du train, lentement. La tirant par la bride, il contourne le bâtiment de la gare – Cinceo est une ville assez grande et riche pour avoir plus qu'un simple quai – et s'engage dans une des rues principales. Sur la place centrale, il bifurque et, quelques mètres plus loin, attache son cheval devant un saloon.
Il est encore tôt et, à l'intérieur, seuls deux hommes, encore peu éveillés, sont attablés. Derrière le comptoir, le patron prépare du café en quantité. James s'approche de lui et s'accoude au bar, encore propre à cette heure. Déposant quelques pièces, il hoche la tête en direction de l'homme.

« Vous m'en servez un, s'il vous plaît ? »

Il reçoit en retour un regard apathique et une tasse fumante.

« Merci. »

Il trempe les lèvres dans le breuvage et réprime une grimace. Au choix, il aurait préféré quelque chose d'insipide. Il se force quand même et finit sa tasse d'une seule traite.La repoussant vers le tenancier, il demande :

« Excusez-moi, mais... quelle direction dois-je prendre pour aller au pénitencier Ste Marie ? »

L'homme arrête ses occupations pour le fixer, immobile et, dans son dos, il sent les yeux des deux autres clients. Il n'a pourtant pas parlé fort, mais, dans le silence ensuqué, ses mots ont résonné. Peut-être n'aurait-il pas dû demander.
Le propriétaire finit par lâcher :

« Au bout de la rue, après l'épicerie. Continuez vers l'est. C'est à une heure de cheval. Il y a une piste. »

James sourit, un peu crispé, puis s'éloigne du comptoir.

« Merci. Bonne journée. »

En sortant, il sent trois regards le suivre.


 
Luke tire sur les rênes de sa monture, la stoppant juste avant qu'elle ne mette les pieds dedans. De ses lèvres gercées, il sourit. La rivière. Enfin, en ce mois de juin, c'est plus un ruisseau qu'autre chose, mais ça reste de l'eau. Il descend de cheval et s'y enfonce des deux bottes. Swhirl le suit et y plonge la tête, buvant à grandes lapées. Après quelques secondes à s'assurer que ce n'est pas une illusion, Luke s'accroupit dans le courant et y trempe ses doigts. De sa main, il sent la force de l'eau, fraîche et vivante, remonter en lui et venir contrebalancer l'oppression lourde du désert qui l'entoure.

« Merci » murmure-t-il de sa gorge encore sèche.

Puis il s'asperge le visage des deux mains.
 


Devant l'épicerie, James remonte sur son cheval. Vers l'est. Il porte son regard sur le soleil levant, déjà entièrement visible dans le ciel, et prend un peu plus à droite, tout en scrutant le sol. « Il y a une piste », lui a dit l'autre. Ouais. Tout ce qu'il distingue, c'est un endroit où les traces de fer à cheval et de roues de chariots sont plus marquées. Il les suit.


 
Dans l'eau, Luke frotte ses avant-bras et sa nuque. La sueur, le sable et la poussière glissent le long des gouttes. Sur les flancs de son cheval, il répète le même manège. Seule la couche supérieure de crasse s'en va, mais c'est déjà un soulagement. Et puis, ils n'ont pas le temps de faire ça en profondeur.
Fouillant dans ses affaires, Luke attrape la gourde et la remplit dans le courant. Au moins, ils auront toujours ça.
Debout, les pieds dans l'eau, ses besoins primaires rassasiés, il prend enfin le temps d'inspecter les alentours. Il faut qu'ils se mettent à couvert. Le soleil commence à trop taper pour être supportable, et Swhirl a besoin de repos. Un peu plus loin, en remontant le filet d'eau, il voit ce qui pourrait être une sorte de grotte, tache plus sombre au milieu de l'ocre étouffant. C'est vers le nord-est, pas du tout dans sa direction, mais... tant pis, il s'en contentera. Marchant dans le ruisseau, tenant son cheval par la bride, il remonte le cours d'eau.
 


La porte se referme derrière James. En face de lui, le directeur du pénitencier, assis à son bureau. Il le regarde, se lève et tend la main.

« Ah, vous devez être James Perkin, c'est ça ?
—   Paquin, oui, répond le jeune en lui serrant la main droite, l'autre étant crispée sur son chapeau.
—   Oui, c'est ça. Vous venez pour Luke Wanderer ?
—   Oui.
—   Asseyez-vous, je vous en prie. »

Ils prennent place, face à face, de chaque côté de la table. Ils se regardent de longues secondes, laissant le silence flotter entre eux. James déglutit, puis, après un raclement de gorge, demande :

« Euh, est-ce que, euh... comment s'est-il échappé ?
—   Ah, ça ! personne n'en sait rien. Il était là à la ronde de 5h, et à 6h, au réveil, sa cellule était vide. Et il manquait un cheval dans les écuries. Un appaloosa, une belle bête.
—   Il... il s'est enfui avec un cheval et personne ne s'en est rendu compte ? »

Le directeur se redresse sur son fauteuil, remettant en place son veston et sa dignité.

« Sachez, Mr. Perkin, qu'on ne s'évade pas d'ici comme ça ! Le pénitencier est hautement sécurisé. »

Gêné, James baisse les yeux sur ses mains entremêlées. Il ne se voulait pas accusateur.

« Oui, bien sûr, je sais... » souffle-t-il.

Le silence qui suit est lourd.

« En tous cas, reprend le directeur, ne commettez pas la même erreur que nous, jeune homme. »

James relève la tête. Les yeux dans les yeux, l'autre poursuit :

« Ne le prenez pas pour plus stupide qu'il ne l'est. Ici, il s'est fait passer pour un simple d'esprit, et tout le monde y a cru. Mais je vous assure que ce n'est pas le cas. Alors méfiez-vous.
—   Merci. »

Dehors, quelques cris filtrent par la fenêtre en verre dépoli.

« Et, euh, sinon... vous savez par où il est parti ?
—   On a relevé des traces de sabots, vers l'ouest. Pas étonnant, il y a une rivière, à une journée de cheval. Il a dû partir par là.
—   Et... sans vouloir vous offenser... pourquoi n'avez-vous envoyé personne à sa suite ?
—   Nous manquons déjà d'effectif pour nous occuper des prisonniers qui sont dedans. Alors si, en plus, on devait s'occuper de ceux qui sont dehors... »

Il soupire.

« Enfin bon. Vous êtes là, maintenant, hein ? »

James sourit faiblement.

« Bon. Vous m'excuserez, mais j'ai à faire. Allez voir le gardien, à l'entrée, il vous donnera de l'eau et vous montrera les traces. »

Disant cela, il se lève, imité par James, et le pousse vers la sortie. Il lui tend finalement la main, dans l'embrasure de la porte.

« Bonne chance » conclut-il dans un sourire forcé.

La porte claque.
 


Bien que bercé par le clapotis de l'eau qui coule pas loin et la torpeur de l'air, Luke refuse de laisser le sommeil l'envahir. Il ne peut pas dormir. Pas maintenant. D'ici quelques jours, il verra, mais pour l'instant, il ne doit pas relâcher sa vigilance. Et pourtant, au fil de la respiration de Swhirl, ses yeux se ferment et son souffle se régularise. Avec, en tête, cette dernière pensée : surtout, ne pas s'endormir.
 


De manière proportionnelle à son enfoncement dans le paysage aride, James sent monter en lui un mélange d'appréhension qui lui noue le ventre et de calme qui lui libère la poitrine. Et ce mélange, parvenant peu à peu à l'équilibre, finit par dessiner un sourire sur ses lèvres. Laissant la pression des hommes dans son dos, il respire, enfin, et son esprit devient plus clair. Là, il est libre. Là, seul avec lui-même, il peut se permettre d'être. Le soleil, pesant de plus en plus fort sur ses épaules, le pousse à avancer. La chaleur, remontant par vagues du sol, le force à se concentrer plus encore. La poussière, s'enroulant autour de lui, l'oblige à rester vigilant. Son regard épouse le relief – ou plutôt le non-relief – du désert, à la recherche d'un indice, d'une piste, de quelque chose qui ressorte. Là-bas, plein ouest, justement, un point noir. Peut-être des rochers. Il talonne sa monture.
Le pelage gris d'Issippi, déjà emmêlé, devient vite transpirant. Sous son chapeau, les cheveux blonds de James se collent à sa nuque et à son front. Sa chemise à carreaux adhère à sa peau. Ses doigts glissent sur les rênes. Il n'y fait pas attention. Sous la chaleur étouffante, il se laisse respirer.
Approchant, il ralentit. C'est bien un amas de rochers. Il attrape sa carabine et, au pas, franchit la centaine de mètres qui l'en séparent. Autour, des traces de pas, de fers à cheval. Le plus silencieusement possible, il descend de cheval. Là, il distingue une ouverture vers l'intérieur. Longeant la roche, il se faufile jusqu'à elle, puis brusquement, pointe son canon à l'intérieur. Le contraste avec l'ombre est saisissant, mais il comprend rapidement qu'il n'y a personne. Il entre, toujours à l'affût. Au sol, des traces de passage. De la terre fraîchement grattée. Un peu de foin, probablement destiné au cheval. Il est passé par là.
Il ressort, prêt à repartir en chasse, mais la chaleur lui tombe dessus, lui coupant le souffle, et il remarque alors l'état d'épuisement de son cheval. Revenant à la réalité tangible et autres besoins matériels, il attrape les rênes d'Issippi et l'entraîne à l'intérieur. Au frais, ils vont laisser passer le soleil de midi. Après, ils repartiront.
 


Luke est tiré du sommeil par un bruit inhabituel dans le mouvement de l'eau. Se maudissant d'abord pour avoir sombré, il se redresse et tente de l'identifier. Des pas. Plusieurs. Qui remontent le courant vers lui. Il se lève et, le plus silencieusement possible, guide Swhirl vers le fond de la maigre cavité.  S'enfuir ne servirait à rien, ils sont trop proches et peut-être armés. Avec un peu de chance, on ne les trouvera pas.
Soudain, une silhouette se dessine à l'entrée de la grotte, en contre-jour sur le ciel orangé du crépuscule. Carabine pointée, elle hésite quelques secondes puis demande :

« Luke Wanderer ? »
Tags : the kills, Orgueil & Préjugés, série Tv
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#Posté le dimanche 14 août 2011 10:37

Modifié le lundi 16 janvier 2012 13:57

"Si t'en reveux, y en rena." "Y a un renard ?" [ Ma mère et ma nièce de huit ans ] III

"Si t'en reveux, y en rena." "Y a un renard ?" [ Ma mère et ma nièce de huit ans ] III
Putain, je sais pas vous, mais là chez moi il fait trooooooop chaud. Pour vous donner un exemple, hier midi j'ai pique-niquer à côté de la rivière, à l'ombre (donc là où il est censé faire le moins chaud, on est bien d'accord)... et en maillot de bain j'avais limite trop chaud. Je me suis jamais jetée à l'eau avec autant de bonheur, je crois. Bref, c'est vraiment l'été, on le sent bien, et d'ailleurs je vais pas tarder à fermer mes fenêtres pour pas que l'air chaud entre.
Et sinon, j'avance bien dans l'écriture, et plus ça va et plus j'aime Luke. Bon, James aussi, hein, mais disons que pour l'instant il se fait plus discret. Oh et puis de toute façon j'ai toujours préféré Luke. (Et oui, j'aime bien groupiter sur mes personnages.)
Et sinon, je vous présente un CCS avec une dizaine d'année de retard, environ. Oui, il y a certaines choses pour lesquelles je suis toujours à la masse, au hasard les dessins animés. Bah oui, pas avoir eu la télé pendant son enfance, ça a des avantages mais aussi des inconvénients. Alors je suis sûre que environ 99% des gens qui passent ici ont déjà vu Mulan, mais bon, moi pas encore, donc je tiens quand même à le signaler, et puis de toute façon c'est pas mon problème lors ce sera mon CCS. Voilà. Vous aviez qu'à être en retard comme moi. Et donc j'ai vu Mulan, enfin, et j'ai bien ri, et j'ai bien dit de la merde (oui, ça n'a pas changé, je parle toujours aux gens dans la télé), mais bon, je vous l'avoue, j'ai quand même été un peu frustrée dans mon coeur de midinette, parce que franchement, pas de bisou, ça sucks.




Il bloque sa respiration et prie le désert que la différence de luminosité soit suffisamment importante pour le cacher.

« Je vous vois, reprend l'homme. Qui êtes-vous ? »

Luke soupire. Swhirl renâcle. Tant pis. Ils s'avancent. En face, l'autre recule. Dans la lumière du soleil couchant, il distingue ses traits. Il est jeune, et pas dans un meilleur état que lui. Luke sourit. Il le connaît. Une fois totalement à découvert, les yeux dans ceux de James, il laisse passer quelques secondes puis demande :

« Qu'est-ce que tu me veux, gamin ? »

Le blond garde son arme pointée devant lui, sur la défensive. En face, l'autre a les vêtements tâchés de poussière, le chapeau déformé, et l'une de ses mains sales tient les rênes du cheval appaloosa tandis que l'autre pend négligemment à son côté. Et sur ses traits souriants, un air parfaitement détendu. James raffermit sa prise sur son arme, priant pour qu'il ne remarque pas son tremblement.

« Vous êtes Luke Wanderer.
— T'es James Paquin.
— Je... je suis venu pour vous arrêter !
— D'accord. »

Ils n'esquissent pas un geste, se fixant.

« Si vous ne me suivez pas, j'ai ordre de vous tuer ! » finit par lâcher James, un peu trop rapidement, pour combler l'angoisse qui monte en lui.
« Ben vas-y, tire. J'ai pas d'arme, de toute façon.
— Je... je préfèrerais ne pas vous tuer.
— Ça tombe bien, moi aussi.. Qu'est-ce que tu veux faire de moi, gamin ?
— J'ai pour ordre de vous ramener à Hill Valley.
— Ah. Évidemment. C'est Walter Marroyer qui t'a demandé ça, j'imagine. »

James hoche la tête. Luke lance un regard vers son arme.

« Pose cette carabine, gamin. Je te veux pas de mal. Et puis c'est pas très pratique pour avoir une conversation civilisée.
— Vous n'êtes pas civilisé ! crie James. Et j'suis pas un gamin. »

Luke étouffe un rire.

« Ouais. T'as quel âge ? Vingt-deux ? Vingt-quatre, à tout casser?
— ... Vingt-trois.
— C'est bien c'que j'me disais. »

Sentant James se crisper, il soupire et reprend, plus sérieusement :

« Bon, écoute, tu veux bien arrêter de braquer ça sur moi ? C'est un peu dérangeant. Et puis, je t'ai déjà dit, je suis pas armé.
— On sait jamais.
— T'as peur de quoi ? Que je m'échappe ? J'aurais pas le temps de passer au galop que tu m'aurais déjà logé une balle entre les omoplates. Sois réaliste, je vais rien te faire. »

Voyant qu'il ne bouge toujours pas et commençant à craindre qu'il ne sache vraiment se servir du fusil, il ajoute :

« Et puis, je vais te confier un truc : moi aussi je vais vers Hill Valley. Alors bon, faire le voyage avec ou sans toi, personnellement, je m'en fous.
— Qu'est-ce qui me prouve que vous mentez pas ?
— Rien. Mais si tu poses ce fusil, on pourra peut-être en discuter un peu plus... humainement. »

James en a la confirmation : cet homme est fou. Il pourrait avoir peur, se défendre, s'échapper ; il a une carabine pointée sur lui, merde ! Mais non, il reste là, calmement, à faire la conversation. Pourtant, le directeur du pénitencier lui avait dit qu'il était intelligent. Là, il a juste l'air détraqué. Ou suicidaire. Mais pas spécialement malin. D'ailleurs...

« Pourquoi vous voulez retourner à Hill Valley ?
— Je veux pas retourner à Hill Valley. Je vais vers Hill Valley.
— Pourquoi ?
— J'ai des amis par là. Bon, tu vas lâcher ce fusil, oui ? Je commence à me sentir menacé, là.
— Vous l'êtes. »

James le toise encore quelques secondes. Dans le mouvement de ses yeux et de ses doigts, il décèle des signes de nervosité. Il sourit. Puis, toujours agrippé à la crosse, il baisse son arme.

« Ben c'est mieux comme...
— Vous faites un pas, je tire.
— Compris. »

Luke laisse enfin ses muscles se détendre un peu. Il a bien cru que l'autre n'allait pas lâcher. Il a eu de la chance qu'il soit jeune et pas très confiant, sinon il y serait passé. Autour d'eux, la nuit tombe sérieusement et les étoiles s'allument peu à peu. Et bien que le sol réverbère encore la chaleur du jour, le froid de la nuit commence à descendre sur leurs épaules. Luke frissonne.

« Bon, lâche James, on va remonter jusqu'à Cinceo, et demain on prendra le train pour Hill Valley.
— C'est une mauvaise idée.
— Pourquoi ? Ce sera moins facile de vous enfuir ? rétorque-t-il, hargneux.
— Je sais pas si t'es au courant, gamin, mais je suis un criminel recherché, et certains seraient pas ravis de me voir dans un train. Ou alors ils te tueraient et me captureraient pour toucher la prime.
— ... Ouais. Vous proposez quoi, alors ?
— On y va à cheval, par le désert.
— Et comme ça, vous me faussez compagnie dès que vous pouvez, c'est ça ?
— Où serait mon intérêt ? Je t'ai dit, on va dans la même direction. Tu me retrouverais rapidement, et là... »

Il grimace.

« Pourquoi je vous ferais confiance ? »

Luke hausse les épaules.

« Je sais pas. Mais si tu veux pas me croire, t'as toujours l'option de me tuer maintenant. »

James sent sa gorge s'assécher. Après quelques secondes de silence, Luke reprend :

« Ouais. Toi non plus, ça te tente pas ? T'as raison. C'est pas très agréable comme sensation. »

James déglutit. Il vient carrément d'avouer qu'il a déjà tué quelqu'un, ou quoi ? Sa main se resserre autour du fusil. Il hésite, se demandant si finalement il ne devrait pas se débarrasser du problème tout de suite. Au-delà de l'acte en lui-même, il pense à ce qui se passera après. Le retour ; les réactions des autres ; la nouvelle perception qu'on aura de lui. Non. Mauvais plan. Il le regarde, ce type débraillé au sourire débonnaire, cet homme qui lui a lui-même dit être un criminel, et se demande s'il peut le croire, et jusqu'où ? Et d'abord, a-t-il vraiment le choix ?

« Bon, on y va ? demande alors le brun, l'interrompant dans ses pensées.
— Maintenant ? répond-il, hébété.
— Si on veut avancer dans ce coin, vaut mieux profiter de la fraîcheur de la nuit, sinon on va brûler vifs. »

James se renfrogne. Il a raison, mais il ne va pas le lui dire. Prenant son silence pour une hésitation, Luke poursuit :

« À moins que tu préfères te reposer un peu avant de partir. D'ailleurs, t'as à manger ? »

D'abord perplexe, James hoche lentement la tête.

« Ça te va si on partage ? Non parce que, tu vois, j'ai pas pu partir avec grand chose... t'as quoi ? »

Attends, ce type, ce criminel, lui propose de partager sa nourriture ? Et il pense que comme ça, simplement parce qu'il sourit gentiment, ça va passer ?
Et le pire, c'est que ça passe. S'il veut le ramener vivant, il va bien falloir qu'il le nourrisse. Mais pas trop. Ça lui fera un moyen de pression. Cette pensée le revigore intérieurement.
En dépit de la nuit qui les entoure maintenant, Luke sent que l'autre est décontenancé par son attitude et ses paroles. Il s'attendait à tomber sur un fou meurtrier, et finalement on lui propose de partager un repas. On serait perturbé par moins. En même temps, c'est parce que c'est un gamin. Il aurait eu affaire à quelqu'un d'autre, son existence aurait déjà été réduite à un vague souvenir et un trou dans le sable. Là, face à un type comme ça, il a des chances de s'en sortir.
James le dévisage quelques instants, puis hoche la tête.

« Asseyez-vous. »

Du bout de sa carabine, il désigne un point sur le sol. Luke s'y laisse tomber, les mains pendant autour de ses genoux écartés. Il le voit reculer, doucement, sans le quitter du regard, puis fouiller dans une de ses sacoches tout en lui jetant de brefs coups d'½il. D'un paquet qu'il ouvre, il tire deux tranches de lard fumé, et lui en jette une.

« Tenez. Ça suffira pour ce soir.
— Merci. »

Luke mord dedans. C'est sec, c'est dur, c'est salé, c'est impossible à mâcher et pourtant, à côté de ce qu'il a mangé ces derniers jours – ces derniers mois –, c'est un délice. Les yeux fermés, il mastique et savoure.
La carabine dans une main, la viande dans l'autre, James le fixe et mord dans sa part. Est-ce qu'il a bien fait ?
L'un est debout ; l'autre est assis. L'un est attentif ; l'autre ne l'est qu'à lui-même. Et pourtant, pendant cet instant, ils ne sont ni opposés, ni ennemis. Il sont simplement là, à profiter de cette respiration qu'ils se sont accordée.
Tags : Mulan, Dessin Animé
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#Posté le dimanche 21 août 2011 01:52

Je reste prêt pour l'usine, paré pour le turbin, si la fée Mélusine me glisse des peaux de banane sous le destin. [ Est-ce que c'est juste ?, Archimède ] IV

Je reste prêt pour l'usine, paré pour le turbin, si la fée Mélusine me glisse des peaux de banane sous le destin. [ Est-ce que c'est juste ?, Archimède ] IV
Bon, mézamis, j'ai besoin de votre aide. Peut-être vous en avez déjà entendu parler, peut-être mon cher ami Gambit a-t-il déjà tenté de vous soudoyer, mais tous les deux, on arrive pas à se mettre d'accord sur un sujet (bon, sur d'autres aussi, mais là c'est pas important) : Peter Petrelli. alias Milo Ventimiglia. Bref, là où moi je bave littéralement devant ce type, lui... en a une opinion beaucoup moins positive, dirons-nous. Et vous, qu'en pensez-vous ? Aidez-nous à nous départager !


I'M BAAAACK ! Oui, je dis ça comme ça, parce que cette semaine, j'étais un peu partie au bout du monde. Enfin, presque. J'étais en MAYENNE. je sais pas si vous visualisez, et si vous visualisez pas, c'est pas grave, parce que en mayenne, il y RIEN d'intéressant, donc vous précipitez pas sur wiki pour découvrir, vous seriez déçus. Enfin, si, en mayenne, il y a UNE CHOSE de bien : Archimède. Ah, Archimède. ♥ Oui, ils méritent un coeur. C'est mes chouchous mayennais. Pour ceux qui connaîtraient pas, déjà bonjour, enchantée, parce si vous connaissez pas Archimède c'est que vous me connaissez pas, sinon je vous aurais déjà probablement harcelé avec leur musique. Parce que Archimède, c'est un groupe de pop-rock, mayennais (oui nan mais faut le dire, parce que c'est quand même exceptionnel), qui ont sorti un premier album il y a deux ans, album que je recommande chaudement évidemment, et qui vont sortir un second album lundi prochain, Trafalgar, que je recommande aussi chaudement parce que... je suis une sale privilégiée et je l'ai déjà ! =D (Allez-y, bavez de jalousie.) Bah ouais, parce que ce sont des gens gentils, Archimède, et qu'ils avaient fait une offre génial, avec nouvel album en avant-première + concert + rencontre, alors j'ai fait quoi ? je me suis jetée dessus.
Alors l'album, déjà. Dans la lignée du premier, avec toujours des allitérations dans tous les sens, un peu leur marque de fabrique, et des paroles intelligentes tant au niveau du contenant que du contenu, un peu plus politisé que le précédent mais toujours avec délicatesse et humour. Le son est pop-rock, dansant et énergique, le genre de truc qui met de bonne humeur. Mais cette fois-ci il laisse parfois la place à des rythme plus reggae, voire au madison, si si. Et ça le fait grave. (Et je dis pas ça parce que je suis une fan hystérique.) Parce que, même en se diversifiant, Archimède reste Archimède, avec sa gouaille et son énergie. Le chanteur et sa voix un peu rauque, un peu moqueuse, un peu ironique, qui appose sa patte sur tout ça, qui donne son identité musicale au groupe, aguicheur et critiqueur, on entend le sourire au coin des lèvres. Mes coups de coeur à moi ? À mes dépends, On aura tout essayé, et puis aussi, tant qu'on y est, Je prends, Est-ce que c'est juste ?, Nos vies d'avant et L'intrus. Et bien sûr que je sais faire des choix, j'ai cité que la moitié du disque.
Et le concert... bon, en dépit d'une acoustique un peu mauvaise (on est en mayenne en même temps...) et d'un éclairage moyen (WTF, ils étaient éclairés que par derrière ?!), ça valait vraiment le coup. Ils ont l'énergie, l'envie, la musique et les paroles, l'interaction avec le public, les bons mots, les bonnes idées, le partage et l'amour de ce qu'ils font. Et c'était AAAAAAAH. je pense que cette vidéo parlera mieux que moi. La dernière fois que je les avais vus en concert, c'était dans une toute petite salle, on devait être cinquante... et j'étais la seule à connaître les paroles. là, au milieu de 1300 fans hystériques comme moi... l'ambiance était carrément meilleure ! Donc voilà, c'est tout ça mon CCS. Archimède, en long, en large et en travers. En disque ou en concert. Parce que franchement, ça c'est du rock. (Et puis en plus, j'ai eu une affiche (2e !) et un CD dédicacé, et des jolis sourires d'eux rien que pour moi, et puis pendant le concert j'ai osé faire un coeur avec les mains.) (Et vous aurez des photos quand j'aurai la foi de les charger sur l'ordi.)





Le vent de la nuit veille sur eux et le pas de leurs montures. Après avoir hésité sur la manière de procéder, James a fini par lui laisser la liberté de mouvement. C'est l'évadé lui-même qui a proposé la solution :
« Si je fais un faux pas, tu tires. Sinon... y a aucune raison de m'entraver, hein ? »
Et il a accepté. C'est peut-être un peu stupide, mais... c'est mieux s'il a sa confiance, non ? Et puis, jusqu'ici, tout va bien. Une heure qu'ils chevauchent et il reste calme, à sa droite, sans même tenter de lui adresser la parole. Peut-être que tout se passera bien, finalement.
Du coin de l'½il, Luke l'observe depuis qu'ils sont partis. Il le connaissait, déjà. Vaguement. Il l'avait vu, quelques fois, à Hill Valley. Jamais remarqué vraiment. Ce n'est pas quelqu'un de remarquable. Ni de très intéressant. Pourquoi c'est lui qu'on a envoyé, d'ailleurs ? Pour se débarrasser de lui ? Parce que personne d'autre ne voulait y aller ? Hmmm, plus probable. Non pas qu'il ne soit pas compétent – la preuve, il l'a retrouvé –, mais c'est pas un mec du coin. Il a débarqué, comme ça, il y a un peu moins d'un an, sans rien d'autre que sa bonne volonté et ses bras pour aider. Et puis il est resté. Il est probable que personne n'a jamais su d'où il vient. Qu'est-ce qu'il cherche, au juste ? De l'or ? Il n'y en a pas dans la région. La gloire ? Non. Un type qui veut ça ne met pas autant d'énergie à se fondre dans le décor. Il a l'air un peu perdu, en fait. Ou alors un peu stupide. Ou les deux. Et sinon, il cache bien son jeu. Enfin, pour l'instant, il a plutôt l'air inoffensif. Le genre de type qu'est à l'aise dans rien de ce qu'il entreprend. S'il continue à être comme ça, lui fausser compagnie sera d'une affligeante facilité. Dans un sens, il se sent désolé pour le gamin, parce que, quand il se fera la belle, c'est lui qui prendra. Il a pourtant l'air gentil. Un brave garçon. Mais bon, dommage collatéral, tant pis pour lui. Il va pas s'apitoyer sur son sort, non plus. Il lui a rien demandé, à ce type. Il aurait préféré pas tomber sur lui. Y a plus qu'à espérer qu'il soit assez malin pour s'en sortir tout seul.
Même si James ne cesse de se répéter que tout ira bien, l'ambiance qui règne autour de lui vient le contredire. La nuit. Le froid. Le vent. Le sable. Les rochers. Le bruissement du ruisseau. Le souffle des chevaux. Le claquement des sabots. Le vide.
Et puis ce type, à côté de lui, qui le fixe sans rien dire. Si ça se trouve, il va le tuer. Ou alors lui arracher les bras pour les manger. À chaque pas qu'il fait, sa confiance en lui et en ce qui l'entoure décroît. L'air autour de lui se tend, sa respiration se fait difficile. Ce silence est en train de l'étouffer.
Juste avant de succomber, dans sa dernière goulée d'air, il demande :

« Comment vous vous êtes enfui ? »

L'autre rit. L'air s'éclaircit. Il respire.

« Tu crois vraiment que je vais te dévoiler mes secrets, gamin ?
— Non, c'est juste... enfin, c'était juste... je voulais juste...
— Ouais, t'as raison. Puisqu'on va voyager un bout de temps ensemble, autant faire semblant de bien s'entendre.
— Non, c'est pas ça ! interrompt-il, un peu trop fort, un peu trop urgemment.
— C'est bon, gamin, calme-toi... je voulais pas t'énerver... »

James serre les dents. Lui non plus, il voulait pas s'énerver. Il voulait pas avoir l'air d'un gosse qui fait un caprice. Il prend une grande inspiration.

« Je ne suis pas énervé.
— D'accord.
— Et je veux pas faire semblant d'être ami avec vous.
— Entendu.
— C'est juste quelque chose qui m'intrigue et j'ai posé la question.
— Bien.
— Et c'est pas grave si vous répondez pas.
— Super. »

Il tourne la tête vers Luke.

« Vous vous moquez de moi, là ?
— Pas du tout.
— Ah. »

Regardant droit devant eux, ils font quelques mètres de silence. Puis Luke reprend :

« Donc, si j'ai bien compris, tu demandes le droit de me poser des questions tout en m'accordant celui de ne pas y répondre ?
— J'ai rien demandé.
— Ah oui, pardon, tu t'es accordé le droit de me poser des questions, vu que je suis ton... prisonnier. C'est ça ?
— Je me suis rien octroyé.
— Non mais c'est bon, y a pas de souci pour moi, tu peux poser toutes les questions que tu veux. Mais en échange, moi aussi, d'accord ? »

James, renfrogné, ne le regarde même pas. Luke soupire dans un sourire.

« Et tu peux ne pas y répondre, évidemment. »

James accélère. Luke le rattrape.

« Je peux même faire des monologues, tu sais, si tu préfères. C'est le silence qui te dérange, c'est ça, gamin ? Pas de problème, je peux parler. Moi je croyais juste que ça t'arrangeait, de pas m'entendre. Après c'est comme tu veux. T'aimes mieux quoi ? Écouter la nuit ou m'écouter ? Moi le silence me dérange pas. J'aime bien, c'est reposant. Tu trouves pas ? »

James s'agrippe à ses rênes, de plus en plus fort.

« Mais je comprends qu'on puisse pas aimer, hein, continue Luke. Il y a des gens qui préfèrent le bruit. Tu préfères le bruit ? Certaines personnes, l'absence de bruit les met mal à l'aise. C'est peut-être ton cas ? Je sais pas. Mais tu vois, je crois que, même dans l'endroit le plus vide du monde, même ici, en pleine nuit, tu peux jamais avoir un silence total. Il y a toujours quelque chose. Le choc de deux grains de poussière. Le frôlement des brins d'herbe qui poussent à l'ombre d'un caillou. Le souffle du vent. La respiration du désert. La rotation de la terre. Le sifflement d'un serpent, à quelques kilomètres de là. Le scintillement des étoiles. T'as déjà écouté les étoiles, gamin ? C'est...
— Vous voulez pas la fermer ?
— Tu préfères le silence, donc ? Comme tu veux, gamin.
— Et je suis pas un gamin.
— Comme tu veux, gamin. »

James s'arrête brusquement et le fixe, mâchoire serrée. Luke sourit et lui montre ses paumes en signe de paix.

« C'est bon, calme-toi.
— Ouais. Si vous vous taisez.
— D'accord. »

Ils reprennent leur route. Mais Luke ne peut s'empêcher d'ajouter, quelques secondes plus loin :

« Tu sais, j'arrêterai de t'appeler “gamin” quand tu cesseras de te comporter comme tel. »

James stoppe son cheval, puis fait demi-tour et vient s'arrêter à côté de Luke, face à lui. Il le fixe, un long instant, sans rien dire. Puis il prend une grande inspiration dans l'air tendu et envoie son poing crispé dans la pommette de Luke. Fort.
Tombant à terre, l'évadé perd dans sa chute le coin de sourire qu'il lui restait. Sa hanche et son bras heurtent le sol. Il relève la tête pour voir James se détourner de lui et reprendre sa route La douleur l'emporte alors sur la surprise et sa main gauche rejoint sa joue tandis que la droite l'aide à se relever.

« Aïe, putain, mais ça fait mal ! Fais gaffe à ce que tu fais, ça peut être dangereux ! »

Sous ses doigts, il sent le sang poisser. Sans se retourner, James répond :

« Profite de ta douleur, la prochaine fois t'auras pas le temps d'avoir mal que tu seras déjà mort. »

Luke, debout à côté de sa monture, le fixe en train d'avancer. Peut-être que finalement, il n'est pas si inoffensif que ça. Peut-être que ce type a des couilles, en fait.

« Et remonte sur ton cheval, poursuit James, on a de la route à faire. Qu'est-ce qui t'a pris d'en descendre ? » demande-t-il en le dévisageant.

Et peut-être, aussi, que ce mec n'est pas si stupide.
Tags : archimède, Trafalgar, musique, rock, pop, concert
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#Posté le samedi 03 septembre 2011 07:53

Modifié le mardi 15 novembre 2011 07:36

MAKINO ! - Oui ? - J'vais chier. [ Domyoji, Hana Yori Dango ] V

MAKINO ! - Oui ? - J'vais chier. [ Domyoji, Hana Yori Dango ] V
vous voyez la phrase du titre ? Eh bah je l'aime beaucoup, parce que <fangirl> DOMYOJIIIIIII </fangirl>, et puis c'est drôle, vous devriez regarder Hana Yori Dango, et puis... la première fois que je l'ai vu, la copine qui me l'avait montré m'a dit "cette phrase, elle m'a trop fait penser à toi". Je sais toujours pas comment je dois le prendre.
Bref. à part ça, j'ai enfin des arguments pour détester la fac, en dehors de "c'est nul et ça sert à rien", j'entends. Parce que bon, c'est pas que j'aurais besoin qu'on me donne des nouvelles sur mon inscription mais un peu quand même, et là ça commence vraiment à urger, quoi. bande de cons. plus jamais je m'inscris à la fac. tous les tuer. ><
Et sinon, niveau CCS, c'est pas vraiment une découverte mais plutôt une redécouverte, il s'agit... de mon manga yaoi préféré, que j'ai relu cette semaine, parce que ma copine qui l'a bah je vais plus la revoir avant loooongtemps. bref. ça s'appelle Seven Days, c'est en deux tomes, et c'est trooop choupichou mougnoumougnou câlin. Pour les réticents du genre, vous pouvez remballer vos arguments de type "c'est sale, c'est que du cul" et "c'est nul, y a pas d'histoire", parce que là, c'est pas du tout ça. En gros, c'est l'histoire de Seryo, en seconde, et Yuzuru, en terminale. Ils ont pas grand chose en commun, ils se connaissent pas vraiment, ils fréquentent le même club de tir à l'arc mais c'est tout. C'est tous les deux des BG, et, là où Yuzuru se fait plaquer par toutes ses copines parce qu'il ne correspond pas à leurs attentes, Seryo, lui, accepte chaque lundi de sortir avec une fille différente pour la larguer le dimanche en lui disant qu'il n'a pas réussi à tomber amoureux. Et puis ce lundi, Yuzuru attend sa pizza devant le lycée quand Seryo arrive. Sur le ton de la blague, il lui demande "c'est vrai que tu acceptes de sortir avec n'importe qui ?" suivi de "tu veux sortir avec moi ?" Et ça commence. Au départ, pour tous les deux c'est une blague, puis ça devient une amitié, et puis... voilà voilà. C'est tout mignon, c'est naturel, c'est pas sale, il y a une histoire, et en fait, c'est trop chou, quoi, ça donne le sourire à chaque lecture. à lire, pour tous ceux qui aiment le yaoi, et aussi pour ceux qui aiment pas, c'est une bonne entrée en matière... =)
(Ouais, la neuneu habillée en hippie et qui met les pieds dans l'eau parce que iiiih la mer sur la photo... c'est moi.)





Qu'on le veuille ou non, le désert nous transforme. Quand on est avec lui, en lui, qu'on en est imprégné, nos actes ne sont pas exactement les mêmes que dans la vie civilisée. Certains se renferment. Se tétanisent. Deviennent fous. Se sentent libérés. Se prennent pour un autre. Cessent d'être un autre. Parce qu'au fond, dans le désert, on ne peut être que soi-même. Face au vide, le seul miroir qu'on ait, c'est soi. Et lorsqu'on n'a personne pour acquiescer à nos mensonges, on finit par dire la vérité. Par se laisser submerger par soi-même. Par éclater au grand jour.
À chaque pas de son cheval au petit trot, James reprend peu à peu conscience de lui-même, de son corps et de ses actes. Sa main l'élance, un peu. Son c½ur prend de la vitesse. Qu'est-ce qui lui a pris de faire ça ? C'était stupide, inconsidéré. Maintenant, Luke Wanderer a une raison de plus pour le tuer. Il l'entend, il est derrière lui, il se rapproche. Et s'il avait ramassé une pierre pour lui planter entre les omoplates ? Est-ce qu'il devrait se retourner pour le voir arriver ou laisser la mort venir à lui sans rien faire ? Sera-t-il courageux ou...

« Eh ! »

Tout proche derrière lui , la voix le fait sursauter. Il prend une courte inspiration puis se retourne. Luke, la joue craquelée, lui lance :

« Tu sais, si tu continues comme ça, tu vas finir par me semer. Et c'est pas ce que tu veux, non ? »

James le regarde le rattraper, bouche entrouverte.

« Enfin, je dis ça pour toi. Moi, si tu veux me laisser partir, ça m'arrange. Mais autant le dire tout de suite, ce sera plus simple. »

Parvenu à son niveau, Luke le fixe, attendant une réponse. Le gamin le dévisage, l'air déboussolé. Il s'attendait à être tué ou quoi ? Et... il ne va quand même pas s'excuser de l'avoir frappé ? Non, là, il perdrait le peu d'estime qu'il vient de gagner.

« Je... finit par murmurer James, vous êtes mon prisonnier. Je vous ramènerai à Hill Valley, vivant ou mort.
— D'accord. Arrangeons-nous pour que ce soit vivant, alors.
— Ça dépendra de vous. »

C'est bien, petit, affirme ton autorité. Crois-moi, t'en auras besoin pour survivre, songe Luke en acquiesçant . Bon, l'autre n'a l'air qu'à moitié convaincu par ce qu'il dit, mais lui, dans un sens, ça l'arrange. Il compte pas rester son prisonnier trop longtemps.
James a la sensation que le sourire de Luke se fout de lui. Ça l'énerve. Ça l'énerve parce qu'il voudrait lui prouver qu'il a tort. Ça l'énerve parce qu'il sait qu'il a raison. Ça l'énerve parce que, à sa place, il ferait pareil. Il se sent nul. C'est lui qui devrait décider, non ? Ce type n'a aucun droit d'avoir un ascendant sur lui, même s'il a quelques années de plus – bon, pas beaucoup, quatre ou cinq à tout casser. Il lui jette un regard du coin de l'½il. La stature droite, le regard loin vers l'avant, les épaules détendues. Pas étonnant qu'il le traite de gamin. Pas étonnant qu'il se sente minable. Quand on lui a proposé – quand Mr. Marroyer lui a proposé de le ramener, il s'est dit que c'était peut-être sa chance d'être quelqu'un. Quelqu'un d'autre que James Perkin, Pakun, ou James comment déjà ? Sa chance d'être lui, James Paquin. Mais finalement, il ne sait pas s'il en est capable. Ou si être James Paquin, ça ne veut pas dire continuer à se faire oublier, comme il l'a toujours fait. Ça marchait très bien, jusqu'à présent. Peut-être qu'il ferait mieux de l'abandonner ici et de partir se faire oublier ailleurs. Tout lâcher et s'en aller. Comme avant. Comme il l'a toujours fait. Ce serait plus facile. Un autre regard vers l'évadé, penché sur le col de son cheval comme pour lui parler. Non. Il ne peut pas. Pas cette fois-ci. Là, on compte sur lui. Ce type est sous sa responsabilité. Il ne peut pas le laisser continuer à tuer et détruire sur son passage. Il est de son devoir de l'en empêcher. Pas seulement pour lui, mais pour le bien de tous. Il prend une grande inspiration. Il en est capable.



La nuit file sous les pas des chevaux. Luke suit leur trajet sur les étoiles. De temps en temps, ils s'arrêtent au bord du ruisseau qu'ils longent de loin en loin pour faire boire les chevaux. Ils s'observent, à l'insu de l'autre, tentant de glaner des informations, des intentions. Des deux côtés, de la méfiance. De la peur, un peu. Et puis surtout, une sensation d'inconnu. Qui est l'autre ? Que veut-il ? Que cache-t-il ? Et au fond, peu de réponses.
Peu de paroles, aussi. Juste l'essentiel, le pratique. Quelques « à droite », un ou deux « attention », et c'est tout. Les dialogues se font intérieurs, avec soi-même. Les sons qui les accompagnent sont ceux du désert et du vent. Et dans ce silence qui n'en est pas un, le jour finit par poindre.
Luke commence à fatiguer, et il a faim. Ça fait quasiment deux jours qu'il n'a ni véritablement dormi ni mangé. Il jette un coup d'½il au blond qui, bouche fermée, réprime un bâillement. Il sourit. Avec sa fierté, ce gamin ne proposera jamais une halte, quitte à dormir en selle. Alors il stoppe son cheval et dit :

« J'ai faim. »

Sorti de sa torpeur, James met quelques pas à s'arrêter.

« Ah, euh... déjà ?
— Le soleil va se lever, répond Luke, le bras tendu vers l'est. Il va bientôt falloir s'arrêter et laisser les chevaux se reposer. »

James lance un regard autour de lui, sur le désert, le creux du ruisseau... et le désert.

« Là, maintenant ? Mais il n'y a rien !
— Oui, c'est pour ça qu'on devrait prendre un peu plus au sud, j'ai cru distinguer une falaise, on y trouvera sûrement une cavité où s'abriter. »

James semble réfléchir, puis acquiesce. Ils se remettent en route. C'est vrai qu'il n'avait pas pensé à ce détail : quand il dormira, Luke Wanderer ne va-t-il pas en profiter pour s'échapper ? Et comment l'en empêcher ? Il aurait dû être plus prévoyant. Est-ce qu'il va l'attacher ? S'interdire le sommeil pour le surveiller ? Lui faire confiance ? Perdu dans ses pensées, il laisse, sans s'en rendre compte, Luke prendre la tête de leur maigre convoi. En un peu plus d'un quart d'heure, il les mène en haut des falaises. James ne le quitte pas des yeux, guettant toute velléité d'indépendance. À moins d'un mètre du bord, Luke est légèrement penché vers le vide, à l'affût d'un accroc dans la roche, d'un accès. Peu de temps après, il s'arrête et, descendant de cheval, se tourne vers James :

« Là, il y a un chemin qui descend. Par contre, il est assez étroit, faut le prendre à pied. »

James tend le cou, jetant un coup d'½il derrière le brun. En effet, une fente se devine. Après un dernier regard nerveux, il met à son tour pied à terre et repose, aussi vite qu'il peut, ses yeux sur Luke, qui s'est déjà engagé sur le chemin. Il le suit.
En effet, le passage est étroit, et la roche, friable, roule sous leurs semelles. Ils doivent avancer à petits pas, les yeux sur le bout de leurs bottes et la main crispée sur les rênes de leur cheval. Ils marchent en silence, dans l'ombre de la falaise qui les protège du soleil levant, dont les rayons atteignent déjà l'horizon. Sur la paroi, il n'y a rien : pas une faille, pas une grotte, rien. Juste ces cailloux qui leur restent entre les doigts quand ils y posent les mains. Si la descente n'est pas particulièrement longue, elle est lente, par toute l'attention qu'ils doivent y porter. Ils finissent pourtant par atteindre le plateau inférieur, les yeux toujours fixés sur leurs pieds. Les sons sont réguliers : leur souffle, leurs pas, le harnachement des chevaux. Mais soudain, devant, Luke se fait silencieux. Puis il lâche :

« Eh merde. »

James s'arrête à son tour et relève la tête, regardant devant son compagnon.
Eh merde.
Tags : seven days, manga, yaoi
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#Posté le dimanche 11 septembre 2011 14:06

Modifié le lundi 16 janvier 2012 13:54

L'offrande de notre corps est la seule que nous puissions faire à Wakan Tanka ; car notre corps seul nous appartient. [ Moi, Sitting Bull, Michel Piquemal ] VI

L'offrande de notre corps est la seule que nous puissions faire à Wakan Tanka ; car notre corps seul nous appartient. [ Moi, Sitting Bull, Michel Piquemal ] VI
iiiih regardez c'est mes chéris d'Archimède sur la photo ! =D

Bonjour, je recherche une âme compatissante capable de me fournir des armes et un alibi pour un attentat contre la SNCF, la fac et accessoirement les avions parce que COMMENT VOULEZ VOUS QUE JE FASSE TENIR TOUTES MES AFFAIRES MÊME RÉDUITES AU MINIMUM DANS 15 KILOS. Graaaaah. Voilà, ça c'était pour ma valise, pour ce qui est de la fac, figurez-vous que je ne peux pas m'inscrire sur internet, et donc c'est pas grave si j'habite à 3h de route de Bordeaux, faut quand même que j'y aille pour régler ça, et on est ouverts que le matin le vendredi, donc débrouillez-vous pour venir tôt pour qu'on ait le temps de régler ça, et comme la SNCF sont super arrangeants, j'ai le choix entre un train qui part à 8h30 et qui me fait revenir sur toulouse pour repartir sur Bordeaux et arriver à midi (WTF?!), ou sinon après c'est 13h15, donc ce sera avant 6h50, AHAHAHAHAH, comme j'habite à une heure de la gare c'est super chouette, levée à 5h demain. Et sinon, je peux tous vous tuer ? Bref, vous comprendrez qu'en ce moment je suis pleine d'amour et de générosité de haine et de colère contre tout un tas de chsoes et de gens qui s'évertuent à me gâcher mon départ prochain. heureusement je relativise et je me dis advienne que pourra et sinon je prends l'avion dans cinq jour et à part ce putain de problème de fac de merde de crotte de chier de mes deux, je suis pas du tout angoissée.
Et là, ça se voit pas mais je suis en train de chercher un CCS, et... je trouve pas. non mais c'est vrai, cette semaine j'ai été trop prise par fac sncf valises raaaah bordel pour avoir le temps de faire quoi que ce soit, j'ai pas lu, j'ai pas acheté de musique, j'ai pas vu de film (enfin si mais rien de bandant), donc voilà, pas de CCS, c'est terrible non ? Donc voilà, j'essaye de vous en trouver un pour le prochain chapitre que je posterai sûrement dimanche ou lundi matin, histoire de vous laisser ça à méditer avant mon départ, vu qu'après je sais pas trop quand je pourrai. Voilààààà !
Ah ouais, et tant que j'y suis, bah je suis inscrite sur Schonheit et Papiers Froissés, alors si vous voulez aller donner un avis bah c'est cool.
(et pour ceux qui sauraient pas encore, je pars en Angleterre en Erasmus, ce qui explique.)







Galopant droit vers eux, un troupeau d'Indiens aux longues plumes et à la posture guerrière. Ils sont silencieux, mais le pas de leurs chevaux emplit de plus en plus l'espace. Le son et la vue de ces visages hostiles tétanise James de longues secondes, jusqu'à ce qu'ils ne soient plus qu'à quelques mètres. Ses muscles se réveillent alors et vont décrocher le fusil qui pend sur les flancs de sa jument. En cinq enjambées, il se positionne au niveau de Luke, canon pointé. En face, les autres s'arrêtent, à tout juste quelques pas d'eux. Ils sont cinq, dont trois avec un fusil. Leurs visages sont marqués de cicatrices mais ne portent aucune peinture. Jeunes – une trentaine d'années – et musclés, leur torses découverts portent eux aussi les traces d'anciennes blessures. Ils ne portent pour tout vêtement qu'un pantalon de toile marron clair et quelques plumes dans leurs longs cheveux noirs.
Le plus proche d'eux, qui semble être le chef si on en croit sa coiffure plus ornementée, les dévisage plusieurs secondes, puis prononce d'un ton sec quelques mots à la sonorité claquante. James ajuste son arme, prêt à tirer à la moindre menace, mais Luke, les yeux fixés sur l'indien, tend la main vers lui.

« Pose cette carabine. »

Immédiatement, il enchaîne avec quelques phrases dans le dialecte de l'indien, au travers desquelles James ne perçoit que la mention de leur ville. Le peau rouge paraît considérer ces paroles plusieurs instants, puis répond d'un ton moins accusateur, finissant par désigner James du doigt. Les yeux rivés sur les indiens, il sent plus qu'il ne le voit Luke risquer un coup d'½il vers lui, avant de dire entre ses dents, plus sèchement encore qu'avant :

« Gamin, pose cette carabine. »

Il lance à nouveau quelques mots vers l'indien. Celui-ci fronce les sourcils, puis, reprenant la parole, fait un geste en direction de ses hommes, qui pointent immédiatement leurs armes vers eux. James jette un coup d'½il vers Luke : il est immobile et pourtant tout en lui est tendu à l'extrême, de son regard aux muscles de ses jambes. Sa mâchoire est crispée, ses pieds prêts à courir, ses poings prêts à se battre.

« Pose. Cette. Carabine. » répète-t-il.

Il est tellement sous tension qu'on perçoit presque la vibration émanant de son corps.
Le blond reporte son regard sur leurs agresseurs et leurs canons pointés vers eux. Pourquoi il lâcherait son arme ? Ils sont agressés, ce serait...

« JAMES, pose cette putain de carabine. »

Le temps semble se figer, ralentir plus encore. Tous les éléments restent suspendus dans l'air chaud et fort d'une matinée aride : l'urgence dans la voix de Luke ;les regards de moins en moins tolérants des Indiens ; l'énoncé du prénom de James, qui résonne encore entre eux ; les doigts de leurs adversaires, sur la gâchette, qui peuvent lâcher à tout moment ; les mots meurtriers, prêts à franchir les lèvres du chef.
James baisse sa carabine, et la lâche. Alors qu'elle rebondit dans la poussière ocre, leurs souffles suspendus libèrent le temps, qui reprend son rythme et sa liberté, s'enfuyant avec le vent porter son repos plus loin. Les épaules de Luke redescendent, le chef sourit, et en face, les canons s'abaissent.
James fixe Luke, ne sachant s'il se sent soulagé ou énervé. L'Indien reprend la parole, plus serein. Luke hoche la tête, répond et, accompagné de gestes, le dialogue se met en place. James n'arrive pas à comprendre ce qui est l'objet de la négociation, et son regard va de l'un à l'autre, tentant d'intercepter des expressions ou des indications. Est-ce leur vie qui est en jeu ? Leur honneur ? Leur scalp ? Peu à peu, il voit les deux hommes se détendre et, finalement, Luke ose même un sourire. L'Indien se tourne alors vers les autres et ils commencent à faire demi-tour. Luke s'approche de son cheval et met un pied à l'étrier.

« Qu'est-ce qui se passe ? demande alors James
—   Remonte en selle, répond Luke en se hissant sur la sienne, on a l'honneur d'être invités chez eux.
—   Hein ?
—   Ramasse ton fusil et grimpe, je t'expliquerai en route. Même si j'ai réussi à arranger les choses, c'est pas dit qu'ils soient très patients. »

James le regarde quelques instants puis se baisse et attrape sa carabine, avant de se diriger vers sa monture.

« Ah oui, reprend Luke, se tournant vers lui alors qu'ils emboîtent le pas aux Indiens, et puis évite de sortir ton arme tant qu'on sera là-bas, si tu tiens à la vie. »

James baisse les yeux sur l'objet de la réprimande, un peu honteux. Quelques pas plus loin, il risque :

« Alors ? Pourquoi ils nous ont... invités ? Et d'ailleurs, d'où vous parlez leur langue ? »

Luke lance un soupir fatigué.

« Tu sais, tu peux me tutoyer, gamin. Je pense pas que tu me respectes tant que ça. Ou alors j'te fais peur ?
—   J'ai pas peur » marmonne James, détournant le regard.

Luke rit.

« D'accord.
—   Vous... T'as pas répondu à ma question. Où t'as appris leur langue ?
—   ... On a des connaissances communes.
—   Tu... tu veux dire que t'es ami avec des Indiens ?
—   Ouais.
—   Ah. Et... c'est tout ? Je veux dire, on est invités simplement parce que vous avez des... connaissances communes ?
—   Ouais. On a eu de la chance que ce soit ça, parce que l'autre option, c'était du plomb dans la cervelle.
—   Mais on n'a rien fait ! »

Luke lui lance un regard de côté accompagné d'un demi-sourire grimaçant.

« Moi non, mais toi, tu t'es vu avec ta carabine ? »

James baisse les yeux.

« Enfin, de toute façon, carabine ou pas, on était sur leurs terres, reprend Luke, comme pour conclure le débat.
—   Ils nous auraient tués pour si peu ?!
—   Parce que tu crois que t'aurais agi différemment ?
—   Oui !... Enfin... on tue pas les gens pour si peu... » répond James d'une voix de plus en plus faible.

Luke a un petit rire.

« T'en fais pas, gamin, t'as encore du temps pour apprendre ce genre de choses. »

James serre les dents et enfonce son menton dans son cou. Des fois, il a vraiment l'impression d'être un gamin. Luke accélère.

« Et dépêche-toi, faudrait pas qu'on les perde. »

Il s'élance à sa suite, rattrapant les Indiens.



Sentant la chaleur lui peser sur le dos alors qu'il avance, Luke soupire. Il voudrait aller plus vite et plus lentement. Les avoir rencontré plus tôt et n'être jamais tombé sur eux. Qu'ils soient déjà arrivés et que la route prenne des jours. Il sait ce qu'il y a au bout, et il l'appréhende autant qu'il l'espère.
Devant, Éclair-sur-son-cheval, le chef, se retourne et lui fait signe d'approcher. Il le rejoint.

« Nous arriverons d'ici une demi-heure, l'informe-t-il dans sa langue hachurée. Vous aurez le temps de vous reposer avant le repas.
—   Merci.
—   Vous serez les bienvenus chez nous tant que vous voudrez, toi et ton ami. Après tout, nous sommes presque de la même famille. Tonnerre-sur-les-bisons dit grand bien de toi et te considère comme son fils.
—   Je ne sais pas si je mérite tant d'honneur, dit Luke dans un sourire crispé, détournant le regard. Je n'ai probablement pas la valeur de la moitié d'un de vos guerriers. Néanmoins, vos paroles et votre invitation me touchent et je vous en remercie sincèrement. »

L'Indien estime de haut en bas cet homme blanc dont, par ce qu'on lui en a dit, il sait le courage et la valeur auprès de ceux de son propre peuple.

« Vous êtes humble et cela vous honore. Mais vous savez ce que les miens pensent de la fausse modestie. Vos actes et vos paroles m'ont été contés, et si vous êtes ce que l'on dit, alors vous êtes une homme blanc d'une rare bravoure.
—   Pour un homme blanc, certes. Mais, en dépit de tout ce que les vôtres ont pu m'apprendre et de l'intérêt qu'ils m'ont porté, je vous assure, avec tout le respect que j'ai pour vous, que vous me surestimez. Je ne suis qu'un homme, j'ai aussi mes défauts. »

Et jamais il n'avouera à cet homme celui qui lui hante l'esprit à ce moment précis.
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#Posté le jeudi 22 septembre 2011 10:33

Modifié le dimanche 25 septembre 2011 03:56

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